Sculptures

Le grès est mon matériau de prédilection, blanc, beige, roux, noir… Je le décline au grès de mon imaginaire et de mes ressentis… parce qu’il y a des moments ou la matière absorbe mes émotions, alors le temps se suspend, les gestes s’enchaînent… Par temps de grisaille, lorsque mon cœur commence à se fendre, ou par grand soleil lorsque brule la passion, la Terre me murmure, son souffle se répand en moi, elle se fait sentir, elle me sourit, me tend la main puis me porte et m’emporte…

Certaines de mes sculptures ne quitteront jamais mon atelier. Elles sont beaucoup trop personnelles. Elles sont une partie intime de moi, chaînons, depuis 30 ans assemblés, qui constituent la trame et la structure de mon existence artistique. Elles sont des jalons qui me permettent de me souvenir, elles marquent des virages importants de ma vie. « Le cri de Jeanne », « Le Verbe », « Le sacrifié de Judée », « La Marche de Vénus », « L’Oiselle », « Colère de Femme »,  « Vigne verge (à l’enfant) »… D’autres à l’inverse, parasitent mon espace en s’accrochant à ma vie ; elles finissent la plus part du temps dans mon jardin, se couvrant de mousses aux files des saisons, offrant aux insectes et aux animaux un abri définitif ou provisoire. Le visiteur ne les remarque pas immédiatement, puis une fois installé dans un fauteuil sur la terrasse, elles se révèlent à lui comme la surprise de n’être pas le seul invité…